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Le hasard est une loi qui voyage incognito
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« Enfin des traces ! » s’exclame le jeune homme avec un sourire de contentement.

Cela fait plusieurs jours que Ewan parcourt cette île, bien plus grande qu’il ne lui semblait au premier abord alors qu’il la regardait depuis la rive opposée. Peut-être à cause de l’étrange couleur bleutée de la jungle -pareille à celle de l’eau qui l’entoure- qui joue sur ses perceptions. Ou peut-être tout simplement parce qu’il n’est pas doué pour estimer ce genre de choses. Mais c’est une excuse qui lui convient beaucoup moins bien.

Pour éviter de risquer de se perdre dans la jungle et de tourner en rond, il a décidé de faire le tour par la plage, pensant que ce serait vite fait. Ce n’est absolument pas le cas, mais il n’en est pas si contrarié que cela. Même si cela fait longtemps qu’il est réveillé -il a cessé de compter les jours très tôt, mais il voit bien le temps passer, plus d’un an, peut-être deux- il continue de s’émerveiller face au paysage, comme un enfant. Depuis la plage, il peut observer les autres îles un peu plus loin, ou l’immensité de l’océan qui s’étend à l’horizon. Il escalade des récifs de béton qui ne ressemblent plus à rien en se demandant à quoi ils servaient à son époque, sans toujours trouver la réponse. Il observe les galets sous ses pieds à la recherche de fossiles, qui pourraient être des indices supplémentaires de ce par quoi la planète est passée. Il ne s’aventure à l’intérieur des terres que lorsqu’il cherche de quoi manger, les plages étant beaucoup moins généreuses à ce sujet. Même pour dormir, il préfère s’installer sur le sable. Il y a quelque chose de relaxant dans les bruits des vagues et du ressac, sans compter que l’endroit lui paraît moins dangereux que s'assoupir sous un champignon géant.

Il ne s’attend pas forcément à croiser quelqu’un, mais il n’espère pas non plus ne croiser personne. Pas que la solitude lui pèse -il est au contraire rassuré de ne pas forcément avoir à faire la conversation- mais ce n’est pas en restant seul dans son coin qu’il va pouvoir retrouver Ayla.

Aussi, quand il remarque un jour au gré de sa marche quelque chose qui ressemble à un moyen de traverser la mer un peu plus loin, il n’essaie pas de retenir la joie qu’il éprouve et s'exclame en accélérant un peu le pas. Il y a quelqu’un sur cette île. C’est une excellente nouvelle, même si le propriétaire de l’embarcation ne donne pas l’impression d’être sur place au moment présent : Ewan n’est pas à quelques jours près.

Plus il s’approche, plus son hypothèse se confirme. En plus de l’embarcation, il note un rond de pierres clairement destiné à entretenir un feu. Si c'était lui, il ne ferait pas cet effort à moins de penser rester quelques jours ou revenir à cet endroit à un moment où un autre. Il s’approche et s’accroupit pour observer l’intérieur du rond de feu : visiblement, ce dernier n’a pas été allumé depuis un moment mais ce n’est pas assez pour casser son enthousiasme. Ewan pose son sac, se relève et entreprend d’aller chercher quelques branches de bois sec à la limite de la jungle : il a déjà décidé qu’il attendrait ici le retour de l’autre être humain. Peut-être a-t-il un peu plus envie de compagnie qu’il ne se l’avoue.

Il entasse consciencieusement sa petite réserve de bois à proximité du rond de feu avant de sortir un carnet et un crayon de son sac. Les objets dans une main, il s’approche de l’embarcation pour y jeter un œil critique. Il ne connaît pas grand chose à la découpe du bois, mais l’ensemble a l’air solide et d’assez bonne facture. La personne qui l’a construite semble savoir ce qu’elle fait. Une autre bonne nouvelle, même s’il chasse la triste pensée qu’il ne doit donc probablement pas s’agir de la personne qu’il cherche. En même temps, ce serait quand même un sacré hasard de tomber sur elle comme ça au détour d’un chemin.
Ewan
❀ Anémone
Ewan
Ewan
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Ven 10 Mar - 21:04
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La mer, comme un drap de satin miroitant, est ce lit où le soleil se couche emmitouflé sous des nuages noyés de couleurs. Ainsi, la nuit tombe, mais l’obscurité ne s’installe jamais vraiment puisque le crépuscule s’endort en laissant, sur une toile de charbon, une kyrielle d’étoiles scintillantes.

La Voie lactée, Callem ne l’avait jamais vue avant son éveil de cryonie. Jadis, il n’avait connu que le smog orangé, pollué autant par les émissions des voitures que par ces lumières artificielles qui avaient comme siphonné tout l'éclat naturel du ciel. Il n'avait donc jamais réalisé à quel point cela manquait à sa vie : en effet, regarder les constellations est ce nouveau passe-temps duquel il ne se lasse pas.

De nom, il n'a retenu que la Grande Ourse et il se demande si elle brille encore, là-bas, dans l'hémisphère nord. Ici, il n'en connait aucune, mais heureusement, Callem n'a jamais eu besoin des étoiles pour s'orienter. C'est une des choses qu'il a découverte sur lui-même au courant des derniers mois : il est doté d'un sens de l'orientation imparable. Autrefois, il n'avait simplement jamais eu l'occasion de se mettre à l'épreuve faute d'avoir quelque part où aller.

Après avoir exploré cette ile - toujours solitaire malgré deux trop brèves rencontres - c'est sans difficulté qu'il retrouve la plage et qu'il en longe l'étendue jusqu'à apercevoir cette griffe de béton qui déchire le ciel à contre-jour. Là-bas, il trouvera la barque avec laquelle il reprendra sa route une fois le jour levé - ainsi que le petit foyer auprès duquel il pourrait se reposer un peu d'ici là.

Finalement, bien avant de voir son embarcation, il y a cette lueur qui capte son attention. Ce n'est encore qu'une flammèche au loin, mais elle allume dans sa poitrine un espoir plein de chaleur. Dans son esprit, le doute crépite, mais se voit réduit en cendres à mesure qu'il avance et que les flammes dansantes d'un feu de camp se confirment au cœur du rond de pierres.

Il y a quelqu'un qui l'attend.

Tout comme c'est dans la pénombre que la lumière est la plus belle, c'est dans la solitude que le sont les rencontres.

S'agit-il de Cassiopée a qui il a laissé des indications pour retrouver les abris suspendus ? Ou encore d'Evalyn qu'il a rencontrée quelques jours auparavant à peine ? Si c'est une personne inconnue - après des mois sans croiser une seule âme - ça en ferait trois en seulement quelques jours - et cela cimenterait le fait qu'il aurait vraiment dû partir explorer plus tôt.

Enfin, il arrive à destination. Devant lui : une silhouette assoupie, jambes et bras croisés. Ses traits lui sont familiers, mais il suppose tout simplement qu'il l'a aperçu, avant, pendant les formations.

Il avait fait un effort pour faire du bruit en approchant, mais ça n'avait pas suffi à le tirer de son sommeil. C'est que le jeune homme doit être bien fatigué, aussi Callem opte de le laisser dormir. Il dort même un peu lui aussi, mais sera en train d'alimenter le feu quand l'autre se réveillera avant l'aube.

Accroché par-dessus les flammes, son chaudron rempli d'un liquide en ébullition tremble en laissant s'échapper un fumet appréciable.
Callem
⚘ Brin de lavande
Callem
Callem
Le hasard est une loi qui voyage incognito 90NVJC5
Lun 13 Mar - 6:36
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Après une exploration des lieux rapide -il n’y a pas grand chose de plus que ce qu’il a déjà remarqué- Ewan s’installe en tailleur face à la mer et l’observe un instant, avant d’ouvrir son carnet. Il ne s’estime pas particulièrement bon dessinateur, mais apprécie de crayonner un peu, de temps en temps. C’est l’une des rares activités qui l’apaise vraiment. Son regard bleu varie entre sa feuille et le paysage qui l’entoure et il semble oublieux du reste du monde, concentré sur sa tâche.

Lorsque le crépuscule se fait trop imposant pour tracer quoi que ce soit de correct, le jeune homme referme son carnet et le range précieusement avant de s’étirer longuement afin de contenter ses muscles ankylosés. Il tourne la tête d’un côté puis de l’autre, cachant à nulle autre personne que lui-même la déception qui l’étreint en constatant sa solitude. Il s’en doutait pourtant en voyant que le rond de feu ne donnait pas l’impression d’avoir été utilisé depuis quelques jours, mais il n’a pas pu s’empêcher d’espérer vainement.

Avec un soupir, Ewan se met au travail, place les brindilles récoltées plus tôt et allume le feu d’un geste rendu précis par l’habitude. Des souvenirs de sa -trop brève- formation se rappellent à lui et il ne peut que constater les progrès faits sur certains aspects de sa (sur)vie depuis sa sortie de cryonie des mois plus tôt. Heureusement, d’ailleurs.

Déterminé à veiller le plus longtemps possible, il se rassoit sur son sac de couchage mais refuse de s’emmitoufler et reste assez proche du feu pour ne pas en éprouver le besoin sans craindre de se brûler un membre ou un autre. Pour s’occuper, il se concentre sur les ombres que le feu dessine sur le sable, s’invente des histoires silencieuses à l’aide d’un théâtre improvisé. Mais toute la volonté du monde n’est pas suffisante pour contrer la fatigue d’une journée de randonnée et il finit par sombrer sans même le réaliser.

C’est sa position inconfortable qui le réveille en plein milieu de la nuit, suffisamment pour qu’il entreprenne de s’allonger correctement et note une présence non loin, mais pas assez pour que son esprit ne réalise ce que cela signifie. Il n’y a pas de danger immédiat et il peut se rendormir, voilà ce que son inconscient réalise avant de retrouver les bras de Morphée qui l’accueille avec une tendresse quasi-paternelle.

Tout est tranquille. Une impression de calme et un sentiment d’apaisement tel qu’il n’en a pas ressenti depuis longtemps. Il y a une présence, à l’aura douce et agréable qui lui rappelle d’affectueux souvenirs. Comme si elle était là.

Les paupières d’Ewan papillonnent alors qu’il sort paresseusement du sommeil. Il est presque certain qu’Ayla était là, mais tout autant que ce n’est pas le cas. Qu'il ne s'agit que d'un rêve, tendre et cruel à la fois. Pourtant, l’odeur qui parvient à ses narines lui confirme qu’il n’est pas seul. Intrigué, il ouvre les yeux pour tomber sur une silhouette préparant quelque chose au-dessus du feu.

Il se redresse aussi silencieusement qu’il en est capable. Ce n’est pas sa sœur, c’est là sa seule certitude. Et pourtant... pourtant cette carrure, cette chevelure de blés, lui dit quelque chose. Au réveil et de profil, il ne peut pas se satisfaire des hypothèses -un peu trop nombreuses et parfois farfelues- qui traversent son esprit encore engourdi. Alors, Ewan se décide à signifier son éveil avec toute l’éloquence dont il est capable en cet instant.

« Hey... »
Ewan
❀ Anémone
Ewan
Ewan
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Lun 13 Mar - 23:10
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Dans ce nouveau monde, il y a des commodités modernes qu’on ne retrouvera certainement pas. Par exemple, Callem sait que jamais plus il ne connaitra le luxe d’un matelas à mémoire de forme. Cela étant dit, cette nuit-ci, quand bien même il aurait eu le lit le plus confortable, ça n'aurait pas changé grand-chose.

S'il n'a pas beaucoup dormi, ce n'est pas faute d'être fatigué - et pas même par méfiance envers cet inconnu assoupi de l'autre côté du feu - mais seulement à cause de ce qui hante le fond de son subconscient : aussitôt endormi, le passé et le présent s'entortillent. À la fois ville et à la fois jungle, l'étendue de son imagination devient ce territoire hostile sur lequel il court à en perdre halène. Des regrets agressifs le pourchassent tandis que, au loin, les cris d'enfantômes l'appellent sans qu'il ne puisse jamais les rejoindre.

Ce n'est pas la première fois qu'il se réveille à la merci de ce manque lancinant de ses enfants, mais jamais il n'avait fait un cauchemar aussi clair à ce sujet. Après ça, il lui est tout bonnement impossible de retrouver le sommeil.

Plutôt que de dormir, il médite et tente de vider son esprit, mais il n'y a rien comme une nuit blanche pour mettre en lumière la plus sombre des idées noires. Ce n'est qu'à l'aurore, quand les lumières apaisantes de l'aube viennent danser sur la ligne d'horizon mouillée, qu'il noie son angoisse en regardant le soleil se lever, puis qu'il se lève à son tour.

C'est l'heure de s'activer. Il commence donc par raviver le feu dont il ne restait alors plus que des braises, non pas pour sa lumière autant que pour faire bouillir un peu d'eau douce. À celle-ci, il ajoute quelques morceaux de viande séchée, du sel marin, des baies de poivre rose cueillies la veille et quelques tubercules violacés dont l'amidon naturel transformera immanquablement le mélange en une bouillie colorée. Ce ne sera pas de la grande gastronomie, mais ce sera remplissant et réconfortant.

Plusieurs fois, ça fait clinque et clanque et Callem surveille du coin de l'oeil l'état du jeune homme qui dort encore malgré le raffut. Ainsi, il ne se laisse pas surprendre lorsque ce dernier, enfin réveillé, lui adresse une salutation encore entachée de sommeil.

Enfin, la belle au bois dormant se réveille, s'amuse-t-il sans jamais se retourner, très appliqué à remuer le contenu de son chaudron dont l'équilibre est précaire. Le sourire sur son visage rivé vers le feu, l'autre peut néanmoins l'entendre dans sa voix.

— As-tu ta tasse ? demande-t-il ensuite en se retournant à moitié, de profil, tout en lui levant la sienne avec le pictogramme du brin de lavande étampé bien en vue.

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Callem
⚘ Brin de lavande
Callem
Callem
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Mar 21 Mar - 11:32
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Ewan laisse échapper un grognement mécontent alors qu’il se frotte les yeux d’une main. Le sommeil est encore là et c’est probablement ce qui l’empêche de répondre de manière plus élaborée à la pique amicale lancée par son interlocuteur. Assis dans son sac de couchage, il essaie de se dépêtrer des impressions de la nuit. Il a dû rêver, probablement. Ce devrait être quelque chose de positif mais il en est à la fois triste et en colère. Rien de tel que de se réveiller dans la désagréable réalité... Même s’il suppose qu’il n’est pas totalement à plaindre.

La question de l’autre lui fait tourner la tête dans sa direction, sourcils froncés. Il y a quelque chose dans la voix de cet homme qui le titille... comme une pensée à l’arrière du crâne qui ne peut s’exprimer parce qu’il ne parvient pas tout à fait à l’atteindre. Quelque chose d’à la fois lointain et très, très proche...

Son regard bleu se pose sur la tasse en question. Un brin de lavande. Si les détails du projet Perséphone sont gardés de tous, certaines choses sont de connaissance commune, au moins pour le participant de troisième génération qu’il est : le symbolisme, notamment.

« Oui, je dois l’avoir... » qu’il répond en se mettant à fouiller dans ses affaires, sourcils toujours froncés, faisant dos à l’inconnu. « Deuxième génération, hein... » ajoute-t-il, sans comprendre totalement pourquoi. Il n’est pourtant pas du genre à faire la conversation, encore moins pour demander confirmation sur des détails aussi évidents. Mais il doit l’entendre de sa bouche, il en a besoin. Son esprit bute sur cette information comme l’eau sur un barrage, cherchant la moindre fissure, n’attendant que sa voix pour faire éclater la vérité au grand jour.

Il trouve enfin son thermos et en détache la tasse à fleur d’Anémone, avant de se tourner pour la tendre à celui qui s’occupe très visiblement du repas. Ewan pince les lèvres, analyse, réfléchit alors que le brouillard du sommeil se dissipe : Cheveux blonds et yeux clairs, la trentaine, probablement engagé dans la deuxième génération du projet...

...C’est un profil type, voyons. Cela ne veut certainement pas dire ce que son esprit essaie de lui dire. Même si c’est plausible. Même si ça expliquerait le sentiment d’appartenance qui l’entourait encore au réveil, l’impression qu’il a eue d’avoir Ayla à ses côtés. Elle lui a toujours ressemblé plus que lui, de ce qu’on leur a rapporté.

« ...Tu es là depuis longtemps ? » finit-il par demander d’une voix sourde de peur de l’entendre se briser. « Là », sur cette île ? « Là », de retour à ce qui est apparemment son campement ? « Là », éveillé ? Il ne sait même pas ce qu’il attend exactement en posant cette question.

Qu’il parle, sans doute. Qu’il dissipe ses doutes. Qu’il fasse disparaître le sentiment poisseux et stupide qui lui serre la poitrine.
Ewan
❀ Anémone
Ewan
Ewan
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Sam 25 Mar - 23:07
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Le jeune homme parle et les sourcils de Callem se froncent tandis qu’il examine la tasse qu’on venait de lui tendre. Sur celle-ci : une fleur ronde aux pétales froissés sertis d’à peine deux feuilles sur une longue tige.

Un petit sourire en coin, enfin, accompagne un rictus de compréhension.

Et toi de la... Troisième ?

C’est une constatation plutôt qu’une question, hormis si, en vérité, l’inconnu fait partie d’une quatrième, cinquième ou énième génération. Jusqu’ici, Callem n’a pas réfléchi à cette possibilité, pas plus qu’à tous ces évènements qui se sont indubitablement déroulés après sa propre cryonie... Il s'appercoit néanmoins que ça ne le surprend pas. Il trouve même ça logique, voire de bon augure pour la reconstruction de l’humanité.

Sa conscience étant ce corridor dans lequel il a tendance à tourner en rond, il n’empêche que ça entrouvre dans son esprit une porte qui avait soigneusement été ignorée même dans ses plus longues déambulations mentales. Quels autres évènements se sont déroulés ? Malgré le changement radical d’environnement, pour Callem, l’an 2037 est ce souvenir frais de quelques mois à peine. Combien d’années ont-ils eues après son départ... Et dans quelles conditions ?

En parallèle, il y a une certaine fébrilité qui se devine dans la voix du jeune homme qui le relance. Callem la ressent sans la comprendre et l’interprète sans chercher outre mesure : l’inconnu est seul - et ce peut-être depuis longtemps. Lui-même se souvient de l’émoi qui l’avait gagné lors de sa première rencontre dans ce monde devenu beaucoup trop grand.

Malgré tout, il y a plein de curiosité qui s’embusque dans le regard que Callem pose enfin sur Ewan.

Oh...  

Dans sa main, la tasse du jeune homme est pleine de ragoût. Le suspend, lui, est lourd de questions.

— Quelques mois, un an tout au plus. La notion du temps, c'est rendu compliqué. Et toi-même ?

Que sont-ils, sinon des anachronismes vivants.

— Et as-tu quelque part où aller ?

Lui-même étant sur le trajet du retour et ayant trouvé dommage de se séparer si vite de ses deux précédentes rencontres, il se dit que, cette fois, peut-être qu'il pourrait enfin faire un bout de chemin avec quelqu'un.
Callem
⚘ Brin de lavande
Callem
Callem
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Mar 4 Avr - 20:49
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Un rictus se dessine sur les lèvres du plus jeune alors qu’il entend la supposition qui tient lieu de réponse à sa question. Ewan sait qu’il n’a pas réellement besoin d’ajouter quoi que ce soit, mais quelque chose le pousse à forcer la conversation, peu importe le résultat. Il laisse donc échapper un « Jackpot. » d’une voix soufflée, alors que son esprit part dans des hypothèses dont il se refuse à admettre la logique. Tout lui paraît à la fois ridicule et lourd de sens.

Peut-être est-ce pour cela qu’il se contente d’une question si large, dont la réponse importe peu, au fond. Le moment est trop intense, trop complexe. Peut-être qu’il préfère le lancer sur un tout autre sujet pour se rassurer, lui et ses émotions bringuebalantes qu’il essaie d’envoyer valser d’un coup de balai interne. Peut-être est-il plus simple de se concentrer sur les paroles que de laisser le tourbillon le submerger et la colère -le seul sentiment qu’il accepte de montrer- refaire surface.

Peut-être qu’il se fait des idées, tout simplement.

« Plus que ça. » déclare-t-il simplement en haussant les épaules, sans chercher à se montrer plus précis. « J’ai arrêté de compter assez tôt. »

Il se dit qu’il y a des chances pour que l’autre se demande pourquoi il lui pose la question en ce cas, mais il trouvera bien quelque chose à dire concernant l’absence de présence humaine pendant un long moment, quoi que cela veuille dire... L’espace d’un instant, il s’interroge sur sa dernière rencontre : combien de temps a pu passer, exactement ?

Le regard bleu se fixe sur celui de son congénère, en notant la ressemblance avec une agaçante acuité.  Il n’est pas certain de savoir comment interpréter cette question : s’agit-il d’une demande, ou d’une invitation ? Et si la seconde, a-t-il réellement envie d’accepter ? Il y a un éclat de doute dans le bleu du cadet, qui semble mettre un temps infini à se décider à rouvrir la bouche.

« ...Pas vraiment », avoue-t-il enfin avant de baisser le regard. « Les pluies ont eu raison de l’abri que j’essayais de construire près de ma ruche. »

Il hausse à nouveau les épaules, geste emprunt d’une gêne qu’il n’a pas particulièrement envie d’expliciter. Il hésite quant à la suite à donner. Veut-il aller plus loin dans ses explications, ou laisser l’autre aller au bout de la sienne ? Et s’il le laisse faire, a-t-il réellement l’intention d’accepter ce qu’on lui proposerait ?

Ewan sait ce qui le retient. C’est d’autant plus ridicule que son hésitation pourrait être réglée d’une question qu’il se refuse à poser. Le trouble est toujours là, ancré au cœur comme s’il savait exactement ce qu’il en était mais la colère et la rancune lui jouent des tours à coup de ’quand bien même’...

Il se fait des idées, c’est évident.
Ewan
❀ Anémone
Ewan
Ewan
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Lun 10 Avr - 18:03
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Une fois la tasse rendue à l’étranger, Callem remplit la sienne et la porte sans attendre à ses lèvres - non sans oeiller Ewan qui le dévisage en tardant à suivre son exemple. Ainsi, plutôt que de s’estomper, la fébrilité qui les englobe devient presque palpable.

— Si tu attends ton à côté de pancakes aux myrtilles, commence-t-il avec un sourire en coin qui découvre juste assez ses dents pour trancher le malaise, j’ai des mauvaises nouvelles pour toi...

Certes, il n’est pas à exclure qu’une mouche ou deux soient tombées dans la soupe, mais rien qui mérite l'intensité et le trouble avec lesquels son interlocuteur le toise.

— Mange, reprend-il en désignant la nourriture encore intouchée, c'est un peu fade, mais ça te gardera le ventre tranquille une bonne partie de la journée.

Ce ne serait pas bien poli de le lui soulever, mais quelques repas additionnels feraient grand bien au jeune homme qui semble un peu émacié aux yeux de Callem. Lui-même qui, sans trop s'en rendre compte, avait également perdu beaucoup de masse depuis son éveil. C'était là la conséquence toute naturelle d'avoir un menu abondant, mais frugale et durement gagné. D'autant plus que, pour sa part, la gastronomie n'avait pas été une grande priorité. Callem s'était tout juste assuré de pouvoir nourrir son corps avant de tout miser sur la construction - et plus récemment sur l'exploration.

Et la construction, donc, est un sujet qu'il connait bien, qui est pour lui confortable, facile, et qui lui permet de se lancer dans ce nouveau pan de conversation avec un enjouement qu'il porte tel un imperméable face à l'orage qui continue de se préparer à son insu.

Ah ! J'ai eu le même problème avec mes premières constructions, compatit-il, le sol est traitre quand arrive la saison humide. C'est devenu boueux et clairement que ça aurait pas tenu plus de quelques années. Donc j'ai opté de construire en hauteur finalement, dans les arbres.

Enfin, une pause, juste le temps d'avaler un peu de ragout et de mieux poser les prochaines paroles - tout comme on glisse un pamphlet au coin d'une table en espérant que la curiosité poussera les gens à s'y intéresser de leur propre volition.

— Ça commence à avoir l'air de quelque chose... Trois plateformes solides avec des toits. Mais ma ruche tarde à se réveiller, alors j'étais justement à la recherche d'autres survivants...

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Callem
⚘ Brin de lavande
Callem
Callem
Le hasard est une loi qui voyage incognito 90NVJC5
Jeu 18 Mai - 15:11
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C’est cocasse. Plus il essaie de se persuader que c’est impossible, plus il fixe cet étranger comme si sa vie en dépendait, se moquant bien d’attirer l’interrogation mêlée d’inquiétude chez son vis-à-vis. Ce n’est qu’à sa tentative d’humour qu’il tourne la tête. Pas par gêne, non. Parce que les mots sont autant de souvenirs enfouis qui ressurgissent de la manière la plus désagréable qui soit. Ewan pique du nez dans sa tasse, sans pour autant toucher à la nourriture qui s’y trouve. Ce n’est pas son contenu qu’il voit, mais une cuisine baignée de la lumière douce d’un début de matinée estival. Des rires d’enfants qui piquent sans vergogne dans l’assiette de l’autre, se chamaillant avec bonne humeur. Le sourire calme mais heureux -du moins, c’est l’impression qu’il donne- d’un homme tournant le dos aux plus jeunes, dont les contours restent volontairement flous.

La voix d’Ewan est plus basse quand il répond, avec un brin d’amusement qui se veut cynique mais cache mal la pointe de douleur un peu trop vivace.

« Pourquoi, ça ne fait pas partie de ton arsenal culinaire ? Je suis déçu. »

Une part de lui aimerait être dans le vrai. Une autre se dit que l’argument fait bien trop mouche pour qu’il s’agisse d’un hasard. Il choisit de les envoyer toutes deux valser. Sans rien ajouter, il se décide enfin à tremper les lèvres dans le breuvage épais, plus pour les occuper qu’autre chose -avant de finir par dire quelque chose qu’il risque de regretter. La faim du réveil semble être partie, au profit d’un estomac noué dont il n’est pas certain de savoir quoi faire. Il marmonne un « Merci. » au cuisinier et avale une nouvelle gorgée de nourriture qui pourrait certes posséder plus de saveur, mais qui existe, au moins.

L’autre sujet ne le met pas beaucoup plus à l’aise, mais il lui permet tout de même de laisser de côté son étrange nostalgie inexpliquée -et surtout inexplicable à autrui. Continuant de siroter sa part du repas, il hoche la tête aux explications du plus âgé.

« Je suppose que dans la jungle c’est plus simple de monter, en effet. Les alentours de ma ruche ne sont constitués que de steppes. Avec des arbustes bas ou des buissons... Je ne suis pas parvenu à une solution satisfaisante, que ce soit concernant le lieu ou les matériaux. »

Ce n’est pas un état de faits qu’il apprécie d’admettre. Cela se voit à la moue qu’il étire en direction de sa tasse, sourcils froncés en prime -comme si tout était de sa faute. Son regard se redresse en direction de l’autre, avec un air entendu qui ne parvient probablement pas à occulter la surprise inquiète d’en comprendre trop pour son interlocuteur. Ou de surinterpréter, ce qu’il lui est arrivé de faire bien trop souvent à son goût. C’est avec son sarcasme habituel tinté de prudence qu’il attrape la perche tendue.

« Pas fait pour la solitude, hein ? Je doute d’être la meilleure des compagnies, tu sais. » Il est même plutôt persuadé du contraire, s’il en croit son histoire.

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Ewan
❀ Anémone
Ewan
Ewan
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Mer 31 Mai - 17:36
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À première vue, la plage est calme. Il y a une brise fraiche et agréable tandis que des vagues paresseuses vont et viennent sur le sable. La tempête, pourtant, elle est bien là, elle rage, embusquée entre les deux inconnus. Ainsi, l'atmosphère est pesante et il y a ce raz de marée d'émotions que Callem ne comprend pas, mais duquel il ressent le ressac.

La touche d'humour, quand elle arrive telle une bouée dans une tempête, il la saisit et ne la lâche pas.

Ah ! Mais je fais de fantastiques pancakes, corrige-t-il avec enthousiasme avant d'ajouter, sur un ton désolé à l'excès : mais je n'ai, hélas, pas encore trouvé de myrtilles, ou, tu vois, de farine, de lait ou d'œufs...

Pour le moment, il faudra donc se contenter de bouillie de patates au poivre rose. Recette fade qui, jadis, n'aurait pas forcément été bien reçue en société - ses deux enfants auraient refusé d'y toucher avec véhémence - mais qu'on apprend à apprécier désormais.

L'eau est encore trouble, mais quand Ewan adresse son invitation, Callem croit entrevoir un brin de surprise, ou peut-être plutôt d'incrédulité. Ça, c'est enfin quelque chose qu'il comprend... Ce qui ne l'empêche pas d'être prudent et de soupeser sa réponse avec plus de sérieux que le laisse entendre sa réponse.

Je suis un animal sociable, oui, dit-il, tout sourire, avec des dents étonnamment blanches et brillantes pour un survivant du Monde d'Après, et suffisamment de bonne compagnie pour dix - à ce qu'il parait. Ewan, lui, ne sourit pas beaucoup, mais Callem a cru entrevoir une dentition aussi saine que la sienne : il faut croire que le jeune homme a, tout comme lui, gagné à la loterie des bons gènes.

Je suis Callem, se présente-t-il enfin, avec l'impression naïve qu'ils sont enfin de retour au soleil.  

Dans la jungle, au loin, une branche craque et son fracas évoquerait presque celui de la foudre.
Callem
⚘ Brin de lavande
Callem
Callem
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Lun 18 Sep - 19:09
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