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Éclosions
Aussitôt sortie de la cryonie, Kendra est partie en croisade vers des terres nouvelles. Elle a longé d'innombrables plages, gravi des montagnes vertigineuses, bravé des séismes, des tempêtes, et survécu au désert de béton. À chaque endroit, elle a abandonné un peu plus les conceptions du monde d'Avant, se laissant toujours un peu plus d'espace pour apprivoiser ce nouveau mode de vie où la nature règne en maîtresse.

Des horizons, elle en a contemplé juste assez pour comprendre qu'il en reste une infinité et qu'elle ne pourra jamais tous les voir. Ce qui ne l'empêchera pas d'essayer - mais c'est une réalisation suffisante pour qu'elle s'accorde de rebrousser chemin, de revenir sur ses pas et de constater que, en constante évolution, les paysages ont changé autant qu'elle.

La jungle, oui, était déjà bleue au début de son pèlerinage... Mais le reste ? Y avait-il toujours autant de cactus violacés dans le désert ? Toujours autant d'herbes turquoises dans la steppe ? Et dans le marais, y a-t-il toujours eu autant de mousse bleutée ? Non, convient-elle quand elle voit comment celle-ci s'est propagée jusqu'à l'intérieur de sa ruche, obstruant les murs déjà très étroits.

Alarmée par cette découverte, son couteau sorti, Kendra racle comme elle peut les lichens envahissants. Il y en a trop pour espérer tous les retirer, mais elle en enlève assez pour se glisser à l'intérieur.

Ici, la situation semble encore être sous contrôle. Seule la capsule la plus près de la sortie est recouverte d'une fine poudre azurée.

Sur les parois de métal, aucun mécanisme évident n'est visible. Kendra l'inspecte du bout des doigts, cherchant un bouton, une fissure, n'importe quoi.

Stupide machine, maugrée-t-elle en secouant l'engin qu'elle frappe ensuite du poing.

C'est juste assez pour inquiéter un petit droïde qui trottine dans sa direction, qui se percute contre des mollets.

Oh hé oh, fait-elle en l'enjambant, amorçant ainsi une absurde danse avec le robot qui insiste pour qu'elle vaque les lieux, cette capsule est compromise, il faut sortir cette personne de là avant que la mousse ne la recouvre entièrement.

Le droïde s'immobilise, et Kendra l'observe longuement.

S'il te plaît ? Toujours rien.

Il faut quelques minutes avant qu'il ne bouge à nouveau, repartant dans la direction d'où il était venu.

Eh bien, pas merci, dit-elle sans remarquer la petite lumière verte qui vient de s'allumer sur la capsule.
Kendra
❀ Ancolie
Kendra
Kendra
Éclosions 9XrwpnX
Mar 19 Déc - 19:36
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Ewan.

Tu as rendez-vous avec lui, tu t’en souviens. Ton crâne est embrumé, le monde est noir autour de toi. Tes yeux sont-ils ouverts ? Tes oreilles sont-elles alertes ? Ton esprit, seulement, est-il là ? Non, non. Tu dois voir Ewan, c’est l’heure de votre séance de taekwondo hebdomadaire. Tu ne peux pas la rater, c’est votre rituel. Impossible de le manquer, il t’en voudrait tellement.

Ah.

Ça y est, ça te revient. Tu ne pourras pas y aller, tu as tout annulé. Adieu les séances de taekwondo. Adieu les jeux vidéo avec les amis. Adieu les séances de dessin partagées. Adieu ta vie. Adieu Ewan. Adieu tout ?

Non pas vraiment. Tu te souviens finalement de ce projet fou que tu as lancé. Du désaccord de ton frère, et de cette sensation de liberté qui accompagnait ta décision. Immédiatement, tu regrettes. Cette liberté fut de si courte durée. Ton frère te manque déjà. Inutile de croire que tu le reverras, il est très certainement mort depuis le temps.

Ah.

Quels adieux futiles avez-vous échangés.

Si ton corps pouvait pleurer, il le ferait. Tu le sais, tu le sens. Tu ne te leurres pas. Sans doute que tu aurais dû insister pour qu’il vienne avec toi. Ou alors, tu aurais dû rester. Pourquoi choisir ? Tu avais Ewan d’un côté, et un inconnu de l’autre. Quel mauvais choix tu as fait !

Mais…

C’est trop tard. Pourquoi se lamenter maintenant ? Ta décision était prise, et tu t’es lancée dans la cryogénisation. Et maintenant il est trop tard. Ce n’est pas comme si tu pouvais y faire quelque chose. Le temps s’est écoulé, et toi tu dormais. Tu dormais, et ton frère vieillissait.

Arg !

Si tu pouvais secouer la tête, tu le ferais. Tu utiliserais ce mouvement pour éloigner toutes ces horribles pensées de ton crâne. Mais tu ne peux pas. Alors, à la place, pendant plusieurs minutes — à moins que ce ne soient de très longues secondes — tu penses à Ewan et à l’abandon que tu lui as si généreusement offert, alors que tu étais la seule personne importante à ses yeux.

Tes pensées s’arrêtent lorsque tes oreilles se réactivent, qu’un bruit, loin, dans le fond, capte ton attention. Tu ne sais pas de quoi il s’agit, tu n’arrives même pas à l’identifier. Tes réflexions sont en pause, ton attention est à son paroxysme.

Était-ce une voix ?

Peut-être, mais ce qu’elle a pu dire est trop incompréhensible. Les bruits s’enchaînent, encore. Des pas ? Des frottements ? Des coups ? Tu n’en sais toujours rien.

Ah.

La voix résonne de nouveau, mais d’un peu moins loin cette fois. Tu crois entendre une femme, mais toujours aucun mot n’atteint ta cervelle. Parle-t-elle au moins la même langue que toi ? De cela non plus, tu n’en sais rien.

Et de nouveau, ce manège recommence. Toujours un peu plus près, toujours un peu moins flou. Mais jamais assez clair pour être compris. Ah, quel enfer cette cryogénie.

Clic.

Clic ? Le bruit des mécanismes qui se débloquent suit les dernières paroles de la personne à l’extérieur. Le noir s’illumine, très légèrement. Tu peux ouvrir la boite ? Ta capacité de réflexion s’active un peu trop vite, saute des étapes. Ton corps suit le mouvement, incapable de réagir autrement.

Mauvaise idée.

Tu t’écrases lamentablement sur le sol, après un réflexe que tu n’aurais pas dû posséder. Pourquoi ? Ton bras n’a pas attendu, a repoussé brusquement la porte en ouverture, qui n’a pas posé la moindre résistance. Tes jambes ont suivi le mouvement, mais comment ? Tu ne le sais pas, mais tu te rappelles précisément de la sensation de lourdeur qui les a prises, de la paralysie qui les a figées et de ton mouvement trop pressé qui s’est stoppé instantanément.

Et puis le sol a rencontré ton corps — à moins que ce ne soit l’inverse ? Quelle partie a heurté quoi en premier ? Impossible de le savoir. Ton corps est en ébullition. Entre l’engourdissement, la douleur et les fourmis, rien n’est épargné. Tu ne vois rien, tes yeux ne se sont même pas encore adaptés à la lumière ambiante. Tes oreilles sifflent, bien que tu ignores encore pourquoi.

« Hmpf… »

C’est le seul bruit que ton corps a pu lâcher, après le son d’écrasement lourd. Pas de cri, non, juste un léger gémissement de douleur vibrant, qui laisse supposer qu’il faudra encore t’échauffer pour continuer.
Ayla
❀ Ancolie
Ayla
Ayla
Sam 13 Jan - 12:46
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