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La couleur du vent
Le cou enfoncé entre des épaules tendues, Kendra remonte son foulard sur son nez et ferme les yeux. La tresse - jusqu’ici bien entrée à l’intérieure de sa combinaison - s’en extirpe, comme animée d’une volonté propre, et les mèches folles qui s’en défont fouettent sans pitié ses joues et son front.

Enfin, le vent se calme et son regard affolé arpente le paysage gris et orangé, seulement pour voir l’horizon qui se fait dévorer par cette forme menaçante qui gonfle et enfle sans cesse.

Elle court, court à en perdre son souffle - à en bruler le fond de sa gorge aride. Il y a de l’eau dans sa gourde, mais l’heure est bien trop grave pour penser à prendre une pause pour s’abreuver: bientôt, la tempête de sable la frappera de plein fouet.

C’est contre-intuitif, mais la survivante avance contre le vent, à la rencontre du nuage opaque qui soudainement l’engouffre et la plonge dans une réalité alternative couverte d’un filtre sépia et remplie de bourrasques hurlantes.

D’une main déjà irritée, elle protège ses yeux du souffle abrasif tout en cherchant la forme familière d’un rectangle de métal... Sans succès.

Elle va dans la bonne direction - ou du moins elle le pense - mais le vent la bouscule dans tous les sens. Étourdie, désorientée, affolée, son champ de vision devient flou et ses yeux peinent à rester ouverts. Elle a beau tenir son foulard, les grains sournois se faufilent partout et elle commence à étouffer lorsqu’elle se heurte enfin contre la providentielle paroi de métal qu’elle longe à tâtons, à la recherche d’une ouverture.

Désespérés, ses doigts sablés à vif ne parviennent pas immédiatement à ouvrir la portière du vieux véhicule délabré, alors elle frappe, frappe jusqu’à ce que le mécanisme s’entre-ouvre et enfin - enfin ! - elle éructe dans l’autobus dont elle referme aussitôt la porte.

À l’intérieur, tout est calme. Ou du moins, l’est en comparaison à la folie qui fait rage dehors. Les fenêtres qui tiennent encore tremblent et les autres ont déjà été couvertes afin d’éviter que le sable ne s’infiltre en trop grande quantité.

Elle n’est pas seule, mais n'a pas l'énergie d'en être surprise.

De l’eau...

Sa voix est méconnaissable. Quant à sa gourde, elle l’échappe, puis la récupère, mais peine encore à l’ouvrir tellement ses mains affaiblies tremblent.

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Kendra
❀ Ancolie
Kendra
Kendra
La couleur du vent  9XrwpnX
Mer 19 Avr - 15:46
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Dans son dos, le vent avait fini par se lever, balayant le sable en pirouette acrobatique dans un rythme de plus en plus intense, mitraillant de mille épingles sa frêle silhouette qui tentait vainement de lui tenir tête. La tempête, bientôt, ne ferait aucun détail mais au milieu de ses plaines arides, qu’espérait-il trouver pour sa survie ? Étourdi par le vent, embrumé de poussière, à la merci des éléments, ballotté de toute part par les bourrasques de plus en plus violentes, il s’y voyait déjà, recouvert par le sable, avalé par ce désert qui deviendrait son tombeau. Qu’est-ce qui aurait raison de lui en premier ? La soif ou l’étouffement ? Et dire que malgré tout, son corps continuait d’avancer, presque mécaniquement, poussé par les brises de plus en plus violentes. Il ne voyait plus rien, il ne pouvait plus rien voir, courbé en deux dans une pathétique tentative pour se protéger. Au cœur de ce chaos, il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de lune, pas de repères dans l’espace… Par moments, même le temps n’existe plus. Cela faisait-il une minute ou une heure ? Avançait-il tout droit ou tournait-il en rond ? Était-il seulement debout ou rêvait-il, déjà à moitié mort au sol, petit à petit ensevelit ?

Mais la destinée est aussi changeante que ses dieux qui ne cessaient de le torturer depuis sa naissance, et alors que tout aurait dû être perdu, il heurta la carcasse métallique d’un ancien véhicule, posé sûrement là par une créature céleste qui aurait pris pitié de lui, il n’y avait guère d’autres explications. A tâton, il réussit à ouvrir la porte pour se réfugier à l’intérieur, et laissa les rafales déchainées et déçues d’abandonner leur proie faire retentir leur frustration à l’extérieur. Il était sauf. Encore une fois, et malgré tout ce qu’il avait subi.

Son corps était las et lui quémandait du repos, mais il prit sur lui et s’avança lentement entre les rangées d’anciens sièges, sortant de son lourd bardage la bâche qu’on lui avait fourni, et s’écorcha les doigts, si tant soit peu qu’il y restait encore de la peau peu abimée, pour l’accrocher devant les fenêtres brisées, d’un des côtés de l’autobus. L’autre partie de cette antiquité, vestige d’une époque révolue, était déjà appuyée contre une dune de sable, ce qui la protégeait étrangement. Enfin, il s’affala sur la banquette du fond, perclus de courbatures qui semblaient le narguer d’avoir survécu à une situation dramatique de plus. Il retira son lourd manteau de ses épaules, et but une longue gorgée, apaisant à la fois sa gorge enrouée et ses lèvres gercées. Il survivrait.

Un bruit sourd, et il se redressa en sursaut. Il s’était assoupi sans s’en rendre compte. Dehors, la tempête lui semblait encore plus violente qu’à son arrivée. Les grains de sable percutaient la coque de métal avec fracas alors que le vent hurlait en vain, mais même si c’était désagréable à entendre, ce n’était pas ça qui l’avait éveillé. Quelque chose avait heurté le bus ? Non, quelqu’un, quelqu’un d’aussi fou que lui pour s’aventurer dans un désert sans en connaître la superficie. Il n’a pas le temps de rejoindre la porte qu’elle s’ouvre juste assez pour laisser passer une jeune femme, qui a la justesse d’esprit de tout refermer derrière elle malgré l’épuisement qu’il devine chez elle.

Il s’accroupit en face d’elle, et ouvre calmement sa gourde, avant de l’aider à boire. Elle tremble tellement qu’il pourrait croire qu’elle est faite de papier, et qu’elle s’envolera bientôt dans le tumulte extérieur. Il ne se préoccupe pas d’être poli, c’est le médecin qui agit avant tout. Attrapant son poignet, il contrôle son pouls, guère étonné de le trouver affolé et saccadé au possible, et il continue de chercher son regard, qui a du mal à rester fixé sur lui. Il l’a laisse assise par terre, car c’est le moins dangereux pour elle actuellement, et repart vers son sac.

- Tu as mal à la tête, des vertiges ? Toujours soif ?

Sa voix résonne étrangement dans cet endroit qui n’a pas dû voir d’êtres humains depuis des siècles. Il sort une des petites noix de coco qu’il a cueilli il y a plusieurs jours déjà. Il prend les plus petites, à peine mûres, afin de les conserver quelque temps lors de ses errances. Rien de mieux pour désaltérer quelqu’un qui venait de frôler la mort dans une tempête de sable.

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Rune
❦ Feuille de châtaignier
Rune
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La couleur du vent  Giphy
Jeu 20 Avr - 22:13
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L'autobus, Kendra l'avait trouvé le jour précédent et y avait passé la nuit afin de se protéger de potentiels prédateurs. Ce matin, quand la forme menaçante de la tempête de sable s'était profilée à l'horizon, elle a su que le retrouver serait sa seule chance de survivre. C'est de justesse qu'elle y était donc entrée, tombant aussitôt sur ses genoux et rampant plus qu'autre chose, surplombée par la forme voutée de ce grand inconnu qui l'accueille dans ce qui pourrait encore devenir un tombeau de métal. Le regard lourd d'épuisement et les paupières déjà enflées, elle remarque immédiatement comme il est pâle malgré la noirceur, avec des airs que son esprit embué associe naturellement à ceux d'une faucheuse.

Clac, clac, clac, clac, clac, clac, clac, clac, clac, clac -

Une fenêtre que le temps a dégondée frissonne dans son cadre, battant à la cadence erratique du vent qui, dehors, se déchaine plus que jamais. À un rythme similaire, les mains de Kendra tremblent encore, non seulement de fatigue, mais aussi du choc tout naturel qui gagne toute personne ayant conscience d'avoir échappé de peu à la mort - à moins qu'elle le soit bel et bien et ne l'ait juste pas encore réalisé.

Non... La mort, elle en est convaincue, aurait été plus confortable. Il n'y aurait ni cette douleur brulante dans sa gorge ni celle de sa peau râpée à vif.

Dehors, elle n'avait pas voulu se résoudre à mourir et avait continué d'avancer, aveuglée autant par l'espoir que par le sable ; ici, dans l'obscurité qui règne à l'intérieur du bus, la situation lui apparait désormais d'une incroyable clarté. Elle n'est par ailleurs pas encore sortie du bois - ou plutôt du désert - puisqu'il faudra encore sortir de celui-ci avant de mourir de faim ou de soif. C'est pour ça qu'elle combat l'envie urgente de boire l'entièreté de sa gourde quand l'homme tout à fait humain la lui ouvre, se contentant plutôt d'une très petite gorgée pour rincer le sable, puis d'une autre qu'elle garde longtemps dans sa bouche pour bien en imprégner tous les recoins.

Merci, croisse-t-elle, à peine audible.

À ses questions, elle répond par l'affirmative, sa tête ballottant de bas en haut - faiblement mais en continu, presque sans qu'elle ne le réalise - jusqu'à ce qu'il lui tende la noix de coco qu'elle porte à sa bouche avec l'énergie vorace empruntée au désespoir. Une fois son liquide absorbé, elle se redresse pour s'asseoir et regarder plus attentivement l'homme avec qui elle partagera les prochaines heures.

Silencieuse, elle s'apprête à parler quand la tempête l'interrompt : sous la force d'un grand vent qui hurle, l'une des bâches cède, laissant entrer un filet de lumière orangé et rempli de grains de sable. Déjà sur ses pieds, Kendra puise de l'énergie qu'elle ne pensait plus posséder pour attraper la toile et tenter de la remettre en place.

Dans mon sac, indique-t-elle en indiquant celui-ci d'un signe de la tête, mais sans s'étendre davantage sur ce qu'elle voulait qu'il fasse. C'est à dire : quelque chose, n'importe quoi, que son équipement encore intact pourrait lui permettre.
Kendra
❀ Ancolie
Kendra
Kendra
La couleur du vent  9XrwpnX
Mar 2 Mai - 23:19
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L'espace de l'esprit, là où il peut ouvrir ses ailes, c'est le silence” disait un célèbre auteur français. Le silence est une denrée rare et précieuse, plus que n’importe quelle autre peut-être, et pourtant nombreux sont ceux à l’oublier. Sans doute parce qu’ils n’ont pas de soucis à entendre en continu les bruits quotidiens de la vie, habitués depuis leurs jeunes âges à vivre au sein d’immenses villes de métal et de câbles. Lui connaît le prix du silence, et autant dire qu’il l’appelle avec ardeur. C’est sans doute pour cela qu’il a besoin, parfois, de voyager un peu seul. Seul avec son esprit pour compagnon, et le silence relatif de la nature, bien entendu.

Autant dire que dans cette carcasse ancienne, le silence n’est pas de rigueur. Le sable frappe avec rudesse la coque de son abri, les cloisons vibrent en continu sous les assauts alors que la tempête crie et siffle tout autour de lui. Et maintenant, comme si cela ne suffisait pas, il se retrouvait dans ce sarcophage avec un autre être humain. Il ne savait pas trop si son irritation venait de sa fatigue, de sa présence ou des bruits latents qui l’entouraient, voire même d’un bon mélange de tous ses éléments. Heureusement, il était médecin avant tout, et pas inhumain au point de la jeter dehors pour avoir une paix relative, surtout par un temps pareil. Sans parler du fait que ses capacités physiques laissaient à désirer. Ce qui n’était pas vraiment un problème quand il ne parcourait pas ce monde seul…

En attendant, il ouvrit calmement une de ses noix de coco pour l’offrir à la jeune inconnue, qui l’accepta avec plaisir. Son état n’est pas alarmant, rien qui nécessitait une inquiétude particulière en tout cas. Pour le moment, à voir combien de temps ils allaient être enfermés ici maintenant.

Il lui laisse le temps de se désaltérer et de reprendre ses esprits, et rejoint encore une fois le fond du bus, histoire de récupérer son lourd manteau et de l’enfiler, cachant par la même occasion, en tout cas en partie, la large cicatrice sur sa gorge. Il ne pouvait rien pour celle de son visage, et il avait encore du mal avec ses traces qui marquaient son corps, vu qu’il avait préféré entrer en cryonie peu de temps après les avoir reçu, au lieu de voir un psy et de travailler sur sa nouvelle image de soi. Il avait toujours été plus doué pour s’occuper des autres que de lui-même de toute manière, et il savait très bien faire l’autruche face à ses propres problèmes.

Comme si ce n’était pas assez, il revenait vers elle quand une partie de la bâche lâcha, laissant entrer un flot de sable, de vent et de bruits, ce qui ne manqua pas de lui arracher une grimace. Au moins, sa compagne d’infortune avait encore assez d’énergie pour tenter d’éviter un drame et essayer de maîtriser la situation. Ou c’était l’adrénaline et elle s’effondrerait dans quelques instants… D’un pas las, il rejoint le sac de cette dernière pour fouiller dedans. “Dans mon sac”, c’est bien, mais c’est vague. Il n’avait pas vraiment les connaissances techniques pour concocter une arme avec un couteau suisse, quelques mèches et des petites pièces de métal, merci bien. En désespoir de cause, il sort la corde qu’il trouve et vient la rejoindre. Il accroche une extrémité à la bâche avec un nœud alambiqué, et s’occupe de faire tenir le reste aux restes rouillés du siège. La promiscuité lui fait percuter plus d’une fois sa comparse mais c’est pour la bonne cause car en tirant sur la corde, il arrive enfin à faire tenir le plastique contre le mur. Bon, techniquement, il y a quelques “fuites” dans le système. Il colmate du mieux qu’il peut avec les coussins des sièges du car, elles ne tiennent déjà plus de toute façon. L'ensemble tout tremble, se froisse… Mais tient le choc. Ils vont pouvoir souffler un peu.

Il essuie ses mains, et surtout les nouvelles coupures qu’il vient de récolter, sur sa veste, et s’éloigne de quelques pas.

- Et bien… Bienvenue dans notre palace ma chère, déclama-t-il avec cynisme en écartant les bras, comme pour lui laisser admirer les lieux. Tu m’excuseras, mais j’ai déjà réservé la banquette du fond.

Et il n’aurait aucun scrupule à utiliser l’excuse d’être plus grand pour justifier son choix. De toute façon, il était arrivé ici en premier.
Rune
❦ Feuille de châtaignier
Rune
Rune
La couleur du vent  Giphy
Mar 9 Mai - 21:48
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Le vent feule.

Comme un chat en colère, la moindre petite ouverture lui permet de glisser ses griffes sournoises et d'égratigner leurs mains empressées qui se mêlent ensemble et s'entortillent avec les cordes.

Ils ont à peine échangé dix mots, mais les voilà qui se grimpent l'un sur l'autre sans gêne aucune, mûs par un commun besoin de rester en vie. Apprendre à se connaitre est quelque chose qu'ils auront l'occasion de faire plus tard - probablement.

Fuites colmatées, système renforcé, voilà que s'installe enfin le calme.

Le grand inconnu réclame sa place au fond du vieux véhicule et Kendra respecte son espace. Les vieilles banquettes décrépites - qui se seraient décomposées il y a fort longtemps si elles avaient été n'importe où ailleurs que dans ce desert où même les micro-organismes décomposeurs peinent à survivre - ne l'intéressent pas de toute façon et elle opte de s'étendre à même l'allée centrale, avec son sac comme oreiller de fortune.

Le confort est spartiate, mais le sommeil, très vite, conquiert l'étendue indéfandue de sa fatigue.

Quand elle ouvre à nouveau les yeux, il fait complètement noir ; toute clarté qui, plus tôt, avait pu se frayer une voie jusqu'à l'intérieur du bus avait depuis longtemps été dévorée par la nuit. Elle tend l'oreille, mais n'entend rien non plus. À défaut du silence, le bruit blanc de la tempête qui fait encore rage dehors a fini par se perdre au détour d'une oreille qui a appris à l'ignorer.

Héé, appelle-t-elle faiblement, sa voix éteinte au creux d'une gorge trop abimée. Si son colocataire l'a entendue, il ne lui répond pas.

Désorientée, elle se lève. Dans une main, un fruit : l'un des trois drôles d'agrumes ratatinés qu'elle avait cueillis quelques jours auparavant et qu'elle est prête à offrir à Rune pour le remercier de sa noix de coco. L'autre main, elle l'utilise pour avancer à tâtons dans l'obscurité totale qui les étouffe.

Sous ses doigts éclaireurs, elle reconnait tantôt la texture du métal usé et de la rouille, tantôt celle du tissu ou du cuir. Et puis... D'un être humain ?

exactement sur lui s'est posée sa main, Kendra n'en est pas certaine. Néamoins, elle l'y garde en l'interpellant à nouveau avec le peu de volume que lui cèdent ses cordes vocales.
Kendra
❀ Ancolie
Kendra
Kendra
La couleur du vent  9XrwpnX
Mar 1 Aoû - 7:11
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Un calme des plus relatifs s’installa à l’intérieur du vieux bus. Celui avant la tempête qui gronde toujours dehors, mécontente d’avoir été privée de son tribut alors qu’ils se terrent dans cette vieille carcasse rouillée. Combien de temps avant que l’un d’entre eux ne cède du terrain ? Allait-elle laissé filer ses proies ou seraient-ils des sacrifices pour tenter d’apaiser sa fureur ? Pour l’heure, il n’en savait rien, et il n’avait sincèrement pas envie de trop approfondir ce train de pensées.

Sa comparse d’infortune lui laissa « sa » place sans chercher à se battre pour, et il l’a regarda s’installer à même le sol. Elle semblait épuisée, mais qui ne le serait pas après avoir dû se battre pour sa propre survie dans un milieu aussi hostile ? Qu’elle se repose donc. Qu’avaient-ils de mieux à faire de toute manière ? Il s’assit donc au fond du bus, et laissa le silence reprendre peu à peu ses droits. Enfin, « le silence »… Ils en étaient loin, mais cela ne sembla pas la déranger, car il eut l'impression qu’elle sombra dans un sommeil réparateur très rapidement. Lui, par contre..

L’ouïe malheureusement exacerbée par les tapotements réguliers du sable sur le métal et du vent hurlant sa colère au dehors, il se cala contre les sièges défraîchis. L’espace était trop restreint pour qu’il puisse s’allonger à son aise, alors il se contenta d’une position assise, étendant ses longues jambes sur le reste de l’assise et s'emmitoufla un peu plus dans son manteau. La température baissait proportionnellement avec le peu de lumière qui filtrait à l’intérieur de l’habitacle après tout.

Il ne pensait sincèrement pas s’endormir, mais il faut croire que, malgré les bruits, son corps quémandait un peu de repos qu’il estimait bien mérité. C’est en tout cas ce qu’il en déduit quand une pression sur son corps le tira un peu trop brutalement à son goût du rêve où il avait fini par plonger. Perdu dans une nuit d’encre, et désorienté par le lieu peu familier, il eut le réflexe malheureux de balayer la main qui s’était posée sur sa cuisse avant de tenter de se redresser, et de prendre conscience de là où il se trouvait… Et donc de la personne qui lui faisait manifestement fasse, même s’il n’apercevait même pas ses contours. Et s’il lâcha un juron en norvégien en premier lieu - il était amusant de constater que sa langue maternelle lui revenait très facilement pour les insultes... -, il se reprit bien vite, en anglais, alors qu’il essayait de reprendre contenance :

- … Tu m’as fait peur. Désolé, je t’ai fais mal ? Je m'attendais pas à avoir quelqu’un qui me réveillait comme ça...

Un peu plus, et ce n’était pas sa cuisse qu’elle aurait touchée… Mais il se retient de faire une remarque à ce sujet. Il faisait effectivement bien plus froid maintenant, et il était content d’avoir gardé son manteau sur lui. Avec un peu plus de luminosité, nul doute qu’il verrait l’air se condenser sous son souffle. Pour le moment, il en était réduit à plisser des yeux, comme si ses tentatives allaient lui permettre de percer soudainement les ténèbres et de voir ce qui l’entourait. Avec peu de résultats pour le moment. Il descendit ses jambes sur le sol, heurtant à son tour sa comparse, et il marmonna une nouvelle excuse alors qu’il tentait d’extirper son corps bien trop grand des coussins où il avait fini par s’enfoncer dans son sommeil. La banquette n’était peut-être pas une si bonne idée que cela au final. Il réussit à avoir une place assise moins dérangeante et tendit la main, essayant de trouver l’autre corps non loin, en vain.

- Y a de la place à ma droite si tu veux t’asseoir. Désolé, on y voit rien.

Il se pencha en avant, essayant de ne pas s’assommer sur le reste des sièges devant lui, et tenta de fouiller dans son sac sans faire trop de gestes brusques qui pourraient l’amener à encore rentrer dans la jeune femme. Mais à tâtons, trouver les chandelles dans son bordel n’allait pas être simple...
Rune
❦ Feuille de châtaignier
Rune
Rune
La couleur du vent  Giphy
Mar 8 Aoû - 19:56
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