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Hello stranger, can you tell me where you've been ? [Junko]
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Amère, elle se força à continuer de sourire quand Isa lui demanda pourquoi le projet n’avait pas pris aussi sa famille, vu leurs... «compétences ». Enfin, il ne pensait certainement pas à mal, et elle ne pouvait pas lui en vouloir de s’étonner. A vrai dire, elle se serait attendue à voir plus de personnes dans son cas de figure, préparée à toutes les situations et adaptée à la survie, que des personnes comme le Polonais, qui ne savait même pas ce qu’il faisait ici. Mais d’un autre côté, la fin du monde n’était pas encore totalement actée quand le projet avait été lancé, alors il n’y avait peut-être pas eu tant de candidats que ça. D’où le rajout des capsules de « test » dans le lot, sûrement...

- Bien que cela aurait été super, mes parents étaient déjà assez âgés et mon frère… Et bien, cela faisait des années déjà, à l’époque, que nous n’avions plus de nouvelles donc non… Je suis seule ici.

Ce n’était pas tout à fait vrai dans le sens où elle avait bien une Ruche et donc des compagnons de route, mais vu qu’elle était actuellement la seule réveillée… Elle préfère donc ne rien ajouter et l’écouter parler à son tour. Même s’il se moque un peu de lui-même – et elle a tout à fait compris à quoi il faisait référence quand il a parlé de diversité génétique, elle sait très bien pour quoi elle s’est engagée -, son profil est… Comment dire ? Un musicien et modèle, sérieusement ? Non pas qu’elle doute de ses propos, mais pourquoi prendre un type n’ayant manifestement pas de capacités de survie pour un tel projet ?...

- D’accord… Tu as bien le physique d’un mannequin, mais pourquoi t’intégrer à Perséphone ? Ils avaient si peu de candidats que ça ?...

Et c’est là que sa chance céda… Avec le sol de cette foutue cage d’escaliers rongée par la rouille, les algues et l’eau pendant des siècles, et elle aurait sincèrement dû s'en douter, parce qu’il n’y avait aucune chance que tout se passe bien dans un immeuble immergé depuis des décennies. Elle sentit son cœur remonter dans sa poitrine alors qu’elle chutait, et elle ne pouvait qu'espérer qu’elle allait atterrir dans de l’eau, et pas une petite flaque, au lieu de s’écraser contre du métal. Malgré la surprise, nul cri, sans doute parce qu’elle n’avait pas eu le temps de comprendre ce qu’il se passait. Et tout aussi soudainement, quelque chose la retient. Entre le mouvement et la gravité, elle heurta le mur, laissant échapper un grognement sous le choc, et il lui fallut quelques instants pour comprendre qu’Isa l’avait sauvé grâce à son sac à dos...

- Fait chier ! Elle retient un juron bien plus vulgaire, alors que son premier réflexe, suspendu dans le vide, était évidemment de s’assurer que son arbalète était toujours accrochée, puis elle prit enfin le temps d’analyser la situation où elle se trouvait. Isa ne tiendrait sans doute pas longtemps.

Génial. Bon, si sa plateforme s’était effondrée, celle du dessous avait l’air de tenir encore un peu, mais elle n’avait pas vraiment envie de prendre le risque de se jeter dessus à l’aveugle. Par contre, les marches étaient directement imbriquées dans le mur, et ce devrait être assez près pour elle.

- Hey… Tu as assez de force pour faire un mouvement de balancier ?

Il lui suffit d’une légère aide et… Elle réussit à poser un pied sur une surface stable, s’assura d’avoir un bon appui, et glissa ses bras hors des bretelles. Une fois hors de danger, et après s’être assurée qu’elle ne s’était pas blessée avec ses bêtises, mais surtout que rien n’allait s’effondrer à nouveau, elle leva la tête, jaugea les deux bons mètres qui devait les séparer, et reprit la parole :

- Je suis saine et sauve. Ça va toi ? Tu peux me lancer mon sac ?...

Cette publication remporte un ruban puisqu'elle contient un défi mensuel réussi !  
Junko
❦ Ramure de laurier
Junko
Junko
Hello stranger, can you tell me where you've been ? [Junko] - Page 2 Fall-autumn
Ven 23 Juin - 18:12
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Hé bien oui, tu as un physique de mannequin, c’est très gentil à Junko de le faire remarquer. Malheureusement il vous est impossible de vous pencher un peu plus sur cette intéressante vérité, puisque l’escalier -fort cavalier- met fin abruptement à cette partie de votre conversation. Le sol s’effondre, la jeune femme dégringole, et toi tu t’affoles avec une efficacité salutaire.
En l’entendant jurer, tu es rassuré : la demoiselle à l’arbalète est bien encore en vie, tu n’as pas réagi trop tard. Tu te dis que quand même, c’est pour ça que tu préfères faire l’aventurier seul ou en compagnie de ceux que tu connais depuis longtemps : tu sais comment toi tu gères le danger, tu as appris comment Astrid et Jasper le font. Ta compagne d’exploration du jour, tu ne sais pas comment elle va réagir ou si elle aura besoin de toi comme chevalier sauveur.
Tu n’as pas besoin de le faire semble-t-il. Elle a une bonne idée à laquelle tu réponds d’un petit rire incrédule, tout persuadé que tu étais que tu devrais toi-même improviser une suite de sauvetage.
Que les choses soient claires, tu n’avais aucune idée de comment t’y prendre.

Oui, oui, je peux.

Ca craque dans ton coude lorsque tu tires sur tes muscles, tes épaules protestent, ta prise de pied sur les marches glisse un peu. Tu grimaces. L’escalier grogne. Un poids s’allège au bout de ton bras et tu relèves vite la tête pour t’assurer que c’est parce que la jeune femme a pris pieds quelque part, pas parce qu’elle a glissé de son sac à dos.

Mais non elle est là en face, toujours aussi assurée semble-t-il, et toi tu as son sac à la main. Avec bien moins de grâce qu’à ton habitude, tu te lèves du sol où tu étais allongé en remuant une épaule pour essayer de chasser l’inconfort qu’elle te procure. Il doit y avoir là-dedans un tendon qui a pris cher lors de votre péripétie avec la gravité.

Oh je vais bien, j’ai l’habitude. Au moins cette fois ce n’était pas des rochers qui tombent du haut du couloir.

Difficile de savoir si tu es sérieux avec ta bouille amusée. Tu pourrais avoir inventé cette petite aventure à la Isa Jones ou ce pourrait être vrai, cet effondrement qui a failli te coûter la vie lorsque tu faisais un tour de vieilles installations mystérieuses il y a quelques années. Qui sera là pour te contredire ? Les algues ? Peu de chance.

Je vais te lancer mon sac, fais-tu en fronçant les sourcils face à la distance qui vous sépare, et je vais me lancer ensuite, d’accord ? Tiens-toi prête !

Pour le lancer d’affaires c’est très facile : tu n’as qu’à attraper le baluchon décidément plus lourd qu’il ne le faudrait à deux mains, le balancer une, deux fois, puis le jeter par-dessus le vide avec un enthousiasme digne d’un livreur pressé. Modestement, tu estimes que tu as plutôt réussi ton coup.
Pour ce qui est de franchir toi-même le vide… Là c’est beaucoup moins amusant. Tu n’as pas peur de la hauteur sous tes pieds, non, mais tu n'es pas certain que Junko sera là pour te rattraper. Te voici revenu au point précédent, tu préfères te balader seul ou en compagnie de ta Ruche pour une bonne raison.

A la une ! A la deux !

Et à la trois, tu te catapultes à travers le gouffre en priant silencieusement être réceptionné dans de solides bras plutôt que dans le mur encore quelques mètres plus bas.
Isa
⚘ Bouquet de thym
Isa
Isa
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Dim 1 Oct - 18:27
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On ne va pas se mentir, Junko est loin de craindre les situations dangereuses. Même avant le Projet, elle vadrouillait déjà librement dans la forêt qui bordait sa demeure, grimpait aux arbres centenaires et s’amusait dans les rivières. Et depuis son réveil et les bestioles qui les avaient attaqués, Denzel et elle, elle était relativement sur ses gardes. La chute l’avait surprise, bien sûr, mais pas au point qu’elle soit paralysée par la peur. On lui avait appris à réfléchir vite, surtout dans ce genre de moments – bon, elle avait tendance à être impulsive en permanence en vérité – alors trouver une solution convenable à ce léger problème ne fut pas long.

Une fois réceptionnée sur les marches, et après s’être assurée qu’elles étaient bien stables, et enfin qu’elle-même n’était pas blessée, elle fit quelques pas pour rejoindre la plateforme, et s’assurer qu’elle tenait le coup, contrairement à sa consœur au-dessus. Elle n’avait pas envie de faire plusieurs fois ce petit jeu. Elle n’était pas sûre que Isa la retienne à chaque fois. Ou que son corps tienne le coup, constata-t-elle quand il se releva, la surplombant de quelques mètres. Elle lui adressa un sourire, en guise de remerciement pour l’avoir sauvée, mêlé à un léger rire incrédule.

- Des rochers ? Tu t’es pris des rochers dessus ?

Elle avait très envie de lui demander de raconter cette histoire, mais le moment était certainement mal choisi. Déjà, ils étaient en vie tous les deux, et sans blessures particulières, ce qui relevait presque du miracle, autant rejoindre un étage avant de risquer un autre pépin dans l’histoire.

- Ça marche !

Elle réceptionne les sacs sans soucis, et s’éloigne un peu pour les poser sur la plateforme, contre le mur, là où il y avait le moins de risque de perdre leurs précieux matériels, et où elle ne serait pas gênée pour agir. Elle ne savait pas trop si elle devait prendre le « me lancer » au sens littéral du terme mais… Disons que vu les mouvements de Isa, il semblerait que si. Il avait confiance dit donc. Sachant qu’elle n’était qu’une illustre inconnue qui l’avait menacée avec son arme peu de temps auparavant… Elle se demanda si ce n’était pas plutôt elle, le problème, à craindre autant un mal potentiel qu’on pourrait lui faire.

Très philosophique tout ça, n’hésite pas à sortir une citation en plus, et de sourire avec le regard au loin, et là, ce sera parfait !

Elle pose une main sur le mur pour s’assurer une prise, ne préférant pas se fier à la balustrade et se place de biais, sur deux marches différentes, afin de mieux répartir son poids, et elle se prépare mentalement  au choc. Pour sa part, elle espère juste sincèrement que les marches vont tenir le coup. Ce n’était vraiment pas une bonne idée, de se balader dans un vieil immeuble nouvellement immergé des flots…

Au « trois », Isa se lance dans le vide et elle tend le bras, assurant sa réception en le tirant vers elle, même si pour cela elle doit le plaquer contre lui. Elle essaie de ne pas trop penser au fait qu’il a son torse contre elle, et ses propres mains dans son dos. Hey, le principal, c’est qu’il soit là, qu’importe comment ils ont fait. Son sourire revient, et elle le lâche, essayant d’agir de la manière la plus naturelle possible, alors qu’elle le laisse monter sur la plateforme avant elle.

- Merci en tout cas. Mais je propose d’oublier les escaliers pour le moment, et de voir si cet étage ne regorge pas d’un trésor exceptionnel. Comme… Des agrafeuses. Ou des portes-stylos.

La blague pour détendre l’atmosphère est sans doute de trop… Elle a l’impression d’être ridicule, à dire ce genre de conneries...
Junko
❦ Ramure de laurier
Junko
Junko
Hello stranger, can you tell me where you've been ? [Junko] - Page 2 Fall-autumn
Ven 20 Oct - 14:28
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Oh, ça m’est arrivé deux, trois fois.

Tu repousses une mèche imaginaire avec une modestie elle aussi imaginaire : les rochers et toi, c’est une longue histoire d’amour à sens unique. Une histoire bien trop longue pour être narrée sur des escaliers qui ne tiennent pas très bien.

Je te raconterais ça à l’occasion, fais-tu avec un clin d'œil.

Autour d’un bon feu de bois, avec des fruits et de la viande pour repas, peut-être même l’une des bouteilles que tu stockes dans une cachette secrète près de ce qui fait office de maison à toi, Jasper et Astrid. C’est une réserve pour les grandes occasions, normalement, mais pourquoi ne pas se laisser aller à une petite beuverie si ta peau est sauvée, que Junko survit, et qu’elle accepte de te suivre sur des centaines de kilomètres.
Toi tu le ferais. Tu fais confiance comme ça, en quelques minutes, et en échange de tes bonnes dispositions tu as des amis qui t’aident lorsque tu les recroises.
Tu es même lancé à te jeter dans ses bras, à moitié certain qu’elle te réceptionnera. Tu fais preuve de tant de confiance en la nature humaine -ou au moins en ceux qui ont accepté de se faire congeler pour tenter de sauver l’humanité- que c’en est presque émouvant.

Bon, tu soupires quand même de soulagement quand tu sens les bras puissants de la jeune femme t’attraper, et ta chute être arrêtée par elle. Tu ne doutais pas trop, pas tant, juste assez pour te faire rire de joie -d’être encore en vie- lorsqu’elle te lâche.

Ou des porte-stylos ? Mais quel luxe ce serait !

Tu t’engouffres dans la blague avec aise, trop pressé que tu es toi aussi de rire de votre mésaventure. Il n’y a que le tapotement de remerciement que tu fais sur son épaule qui pourrait vous rappeler qu’il y a quelques secondes, vous étiez en danger.

Soyons fous : nous allons trouver des stylos Bic… En état de marche. Et vivre comme des rois et reines sur cette découverte pour les années à suivre.

Mais pour ça, il faut ouvrir la porte entre le palier et l’étage. Ce n’est pas très difficile, avec la rouille qui a mangé la serrure : un petit coup sur la poignée la fait tomber et il n’y a plus qu’à pousser pour découvrir…

Oh, bingo. Tu ne vas pas en revenir, fait-il en ouvrant théâtralement la porte.

C’est une cuisine, à l’intérieur. De vieilles cuisinières à énergie solaire, des fours, des casseroles. Tant de trésors inestimables et rongés par l’eau de mer qui sont bien plus intéressants qu’un Bic. Même en étant de marche. C’est suffisant pour te pousser à esquisser deux-trois pas de danse en entrant dans la pièce, tout transporté de joie que tu es.
Isa
⚘ Bouquet de thym
Isa
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Dim 12 Nov - 17:28
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Ils sont tous les deux en vie. C’est drôle, mais il y a une dizaine de minutes à peine, elle n’était pas sûre d’arriver à un tel résultat. Pas en étant suspendue au-dessus du vide, retenue par un quasi inconnu grâce aux seules lanières de son sac à dos. Alors, il y avait de quoi se réjouir qu’ils soient tous les deux sains et sauf – quasiment, ils doivent avoir leurs lots d’écorchures, et sa cheville lui fait légèrement mal -, et il faut avouer que le sourire d’Isa a quelque chose de communicatif. Assez pour percer la distance qu’elle a tendance à installer entre elle et les autres. Il est clairement dans son élément avec d’autres personnes, et il a rapidement su la mettre à l’aise, alors qu’elle l’a menacé avec son arme un peu plus tôt. Une preuve que le reste de l’humanité n’est pas aussi mauvaise qu’elle ne le pensait.

Il l’a suit même dans sa blague, et il s’arrange rapidement pour ouvrir la porte qui les ramène sur un sol plus… Stable dira-t-on. A défaut de la terre ferme. Et elle ne regrette toujours pas de s’être aventurée dans l’immeuble, bien que ce soit puéril, et stupide, et inconscient, et ses parents l’auraient sûrement engueulés s’ils avaient su qu’elle s’était mis en danger comme ça, mais… Mais en voyant la cuisine, elle était totalement certaine d’avoir fait le bon choix.

- Wah… Je ne m’attendais pas à ça.

Elle s’avance dans la pièce sans crainte, comme si manquer de chuter dans les escaliers ne lui avait pas servie de leçon, et observe, subjuguée, les meubles antiques toujours fièrement en place. Si ce n’était le signe du temps évident, comme la rouille et les algues, on pourrait presque croire qu’ils étaient de retour dans une époque « normale », avant que le monde ne précipite son déclin. Elle sourit doucement.

- Tu sais que je n’ai jamais vu de cuisine comme ça ? Tous chez mes parents étaient en bois, ou fonctionnait au bois.

Ce qui ne voulait pas dire qu’elle n’appréciait pas ce qu’elle voyait. Déjà, elle furetait vers les placards, hésitant comme une enfant à les ouvrir, comme si elle allait y découvrir un trésor inestimable. De la vaisselle, relativement en bon état. Des ustensiles de cuisine même, parfois. Quelques robots pâtissiers, dont le mécanisme n’avait pas du bien supporter ce passage aquatique. Tant de reliques d’un passé aussi lointain que bien réel pour eux. Elle caressa distraitement du doigt le dessin encore visible d’une porcelaine.

- Tu te rends compte… Pour ceux qui naîtront ici, des objets comme ça, c’est comme… De la science-fiction. Je me demande combien de connaissances nous avons perdus avec la fin de l’humanité, et ce qui disparaîtra avec ceux qui ont été cryonisés quand notre tour viendra…

Elle se rendit compte que sa phrase sonnait peut-être un peu trop fataliste et grimaça.

- Désolée, je suppose qu’on ne devrait pas se plaindre par rapport à ceux qui ne sont plus là…

Comment s’était déroulé la fin de leur époque ? Aussi mal que dans les films catastrophes qu’elle regardait en cachette, où le monde devenait individualiste et violent ? Est-ce qu’ils avaient maudits ceux qui, comme elle, allaient se réveiller des siècles après ? Avaient-ils seulement crus à la survie des Hommes grâce au Projet ? Tant de questions qui resteraient à jamais sans réponses...
Junko
❦ Ramure de laurier
Junko
Junko
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Mer 22 Nov - 14:36
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Une cuisine au bois ? Mais enfin, de quand date-elle, cette jeune femme ? Des années pré-deux-mille ? Tu te gondoles un peu en l’entendant fouiller partout, essayant d’imaginer à quoi pouvait bien ressembler sa famille, finissant avec un père à moustache et une mère en grande robe.

Tes parents vivaient en quelle année, rappelle-moi ? Mille-huit-cent quelque chose ?

Quelle est la prochaine révélation, qu’elle n’avait pas l’eau courante dans sa maison d’enfance ? Tu te dis, assez sagement, que si c’est le cas elle était au moins déjà habituée aux conditions de vie post-cryonie.
Pas comme toi. Que tu t’es plaint, lorsque tu as dû faire ton premier feu ! Et qu’est-ce que tu as pleuré l’absence de douches chaudes, jusqu’à en poncer les oreilles de Jasper et Astrid qui en ont eu marre et t’ont laissé seul quelques semaines pour t’apprendre à ne pas trop rabacher tes chagrins de gamin gâté.
Tu es, bien sûr, bien habitué à la vie régressée maintenant. Les années de vie en terrain hostile t’ont transformé en aventurier pas très bien shampouiné.
Mais tu pleures toujours parfois l’absence de bains brûlants et de WCs avec chasse d’eau à qui veut l’entendre -c’est à dire des écureuils plutôt que des personnes, tu as appris la leçon.

Je pense qu’il y a des connaissances qui feront mieux de se perdre.

Tu jettes un coup d’oeil en biais sur l’arme de Junko. Ca, par exemple. Autant laisser quelques générations vivre sans la menace de la réinvention des armes efficaces au-dessus de la tête.

Et que celles qu’il faut garder seront transmises. Et que tu as le droit de te plaindre si tu veux.

Elle fouille, toi tu te hisses sur un plan de travail et tu y restes perché comme un oiseau à moustache, laissant de côté une minute ou deux l’exploration et la survie. Tes pieds s’agitent, tes yeux se promènent un peu partout avec une curiosité raisonnable.
Tu imagines comment ça avait pu être ici avant la fin : le ballet des cuisiniers, des produits bruts qui entrent et des plats qui sortent. Il y avait sans doute des repas que les employés des bureaux préféraient. Est-ce qu’il y avait un jour des frites, comme à ton école ? Est-ce que tout le monde venait pour ça ?

Qu’est-ce que tu voudrais transmettre, toi ?

Pour toi, la réponse est très facile. Elle te vient comme un son doux dans la gorge, une mélodie que tu humes dans ta barbe de quelques jours.

Moi je voudrais passer toutes les chansons que j’ai apprises. Mes préférées et celles que j’aime pas chanter. Et toutes celles qu’on voudra bien m’apprendre tant que je serais en vie. Ca et…

Tu souris, roublard, très fier de l’absolue vacuité apparente de ce que tu veux préserver.

… les répliques cultes des meilleurs films de mon époque.

C’est idiot, non ?
Non. Parce que c’est ta culture. C’est un petit bout de l’humanité. C’est de l’art qui n’existe plus que dans le cinéma et le jukebox dans ta tête et c’est tragique, à tes yeux, que l’humanité oublie ce qui t’a apporté tant de joie. Tant pis si ça te fait passer pour un idiot après de la demoiselle qui semble bien plus terre-à-terre que toi : tu restes un artiste.
Isa
⚘ Bouquet de thym
Isa
Isa
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Ven 29 Déc - 8:19
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